Endométriose chez l’adolescente : comment reconnaître les signes ?

L’endométriose chez l’adolescente est encore trop souvent diagnostiquée plusieurs années après les premiers symptômes.

Les premières règles peuvent s’accompagner de douleurs, mais lorsqu’elles deviennent très intenses ou empêchent une adolescente de suivre les cours, de pratiquer une activité sportive ou de profiter de son quotidien, elles ne doivent pas être considérées comme normales.

Chez certaines jeunes filles, ces douleurs peuvent être liées à une endométriose, une maladie gynécologique encore méconnue du grand public.

Reconnaître les signes, savoir quand consulter et connaître les différentes possibilités de prise en charge permet d’accompagner plus tôt les adolescentes concernées.

Comment reconnaître l’endométriose chez une adolescente ?

L’endométriose peut se manifester dès l’adolescence, parfois peu de temps après les premières règles. Les symptômes varient d’une jeune fille à l’autre : certaines ressentent des douleurs importantes, tandis que d’autres présentent des signes plus discrets.

Les symptômes les plus fréquents sont :

  • des règles très douloureuses, qui ne sont pas suffisamment soulagées par les traitements habituels ;
  • des douleurs dans le bas du ventre ou le bassin pendant les règles, mais parfois aussi en dehors des menstruations ;
  • une fatigue importante pendant le cycle menstruel ;
  • des douleurs qui empêchent de suivre les cours, de pratiquer un sport ou de participer aux activités quotidiennes ;
  • des troubles digestifs (ballonnements, constipation, diarrhée) ou urinaires qui reviennent régulièrement au moment des règles.

Ces symptômes ne signifient pas systématiquement qu’il s’agit d’une endométriose. En revanche, lorsqu’ils se répètent de cycle en cycle ou qu’ils ont un impact important sur la vie quotidienne, il est recommandé d’en parler avec un professionnel de santé.

Pourquoi le diagnostic est-il souvent tardif ?

Selon l’enquête EndoVie 2 menée par EndoFrance, le délai diagnostique moyen est de 6,6 ans après les premiers symptômes. Chez les adolescentes, plusieurs facteurs peuvent expliquer ce délai.

Tout d’abord, les douleurs de règles sont encore trop souvent considérées comme un passage normal de l’adolescence. Beaucoup de jeunes filles pensent qu’il est habituel d’avoir très mal pendant leurs règles et n’osent pas toujours en parler. De leur côté, les parents ou l’entourage peuvent aussi avoir tendance à banaliser ces douleurs, surtout s’ils ont eux-mêmes vécu des règles douloureuses.

Par ailleurs, les symptômes de l’endométriose varient beaucoup d’une personne à l’autre. Certaines adolescentes souffrent principalement pendant leurs règles, tandis que d’autres présentent aussi des douleurs digestives, urinaires ou une fatigue importante. Cette diversité peut rendre le diagnostic plus difficile.

Enfin, aucun examen ne permet à lui seul de confirmer ou d’écarter toutes les formes d’endométriose. Le diagnostic repose avant tout sur un échange avec le professionnel de santé, l’analyse des symptômes et, si nécessaire, des examens complémentaires.

Une douleur qui revient à chaque cycle, qui s’intensifie avec le temps ou qui limite les activités du quotidien mérite d’être évaluée. Consulter ne signifie pas qu’il s’agit forcément d’une endométriose, mais permet d’en rechercher la cause et de mettre en place une prise en charge adaptée si nécessaire.

Quels traitements pour une adolescente ?

La prise en charge de l’endométriose est toujours adaptée à l’âge, aux symptômes et aux besoins de chaque adolescente. L’objectif est de soulager les douleurs, de préserver la qualité de vie et de limiter l’impact de la maladie sur la scolarité, les activités sportives et la vie sociale.

Selon la situation, le professionnel de santé peut proposer :

  • des médicaments destinés à soulager la douleur ;
  • un traitement hormonal lorsqu’il est indiqué ;
  • un suivi régulier afin d’évaluer l’évolution des symptômes ;
  • des conseils concernant l’activité physique, le sommeil ou certaines habitudes de vie.

Dans certaines situations, plusieurs professionnels de santé peuvent intervenir de manière complémentaire : médecin généraliste, gynécologue, sage-femme, kinésithérapeute, psychologue ou ostéopathe. Chaque prise en charge est personnalisée en fonction des besoins de l’adolescente.

Comprendre les différentes localisations de l’endométriose peut aider à mieux saisir pourquoi les symptômes varient autant d’une jeune fille à l’autre.

Comment l’ostéopathie peut-elle accompagner une adolescente atteinte d’endométriose ?

Lors de chaque consultation, l’ostéopathe adapte son approche à l’âge et à la sensibilité de la patiente, avec des techniques toujours douces et personnalisées.
Mathilde Locqueville, membre du réseau RESENDO coordonné par l’Hôpital Saint-Joseph, propose un accompagnement personnalisé et complémentaire au suivi médical.

Mathilde Locqueville, ostéopathe à Paris 7, lors d'une consultation pour une adolescente atteinte d'endométriose

L’ostéopathie ne traite pas l’endométriose et ne remplace jamais le suivi médical. En revanche, elle peut s’intégrer à une prise en charge globale lorsque cela est adapté à la situation de l’adolescente.

La consultation débute par un échange afin de mieux comprendre les douleurs, leur évolution, les traitements en cours et leur impact sur le quotidien. L’ostéopathe réalise ensuite un bilan clinique pour évaluer la mobilité des différentes zones du corps susceptibles de contribuer aux tensions ou aux gênes ressenties.

Pour en savoir plus sur la place de l’ostéopathie dans la prise en charge de cette maladie, consultez l’article consacré à l’endométriose et l’ostéopathie.

Les adolescentes vivant en région parisienne peuvent également découvrir la page dédiée à l’accompagnement par un ostéopathe pour l’endométriose à Paris.

Les erreurs à éviter

  • Des règles très douloureuses ne doivent pas être banalisées lorsqu’elles perturbent le quotidien.
  • L’endométriose peut apparaître dès l’adolescence.
  • Un diagnostic précoce permet de mettre en place une prise en charge adaptée.
  • La prise en charge peut faire intervenir différents professionnels de santé, selon les besoins de chaque adolescente.

Questions fréquentes

À quel âge l’endométriose peut-elle apparaître ?

Les premiers symptômes peuvent apparaître dès l’adolescence, parfois peu après les premières règles. Selon l’enquête EndoVie 2 d’EndoFrance, le délai diagnostique moyen est de 6,6 ans après les premiers symptômes.

Est-il normal d’avoir très mal pendant ses règles ?

Des douleurs modérées peuvent être fréquentes. En revanche, lorsqu’elles empêchent de suivre les cours, de pratiquer une activité ou de mener une vie quotidienne normale, il est recommandé d’en parler avec un professionnel de santé.

Toutes les adolescentes qui ont des règles douloureuses souffrent-elles d’endométriose ?

Non. Les règles douloureuses peuvent avoir différentes causes. Seul un professionnel de santé peut évaluer les symptômes et proposer les examens nécessaires si besoin.

L’ostéopathie peut-elle guérir l’endométriose ?

Non. L’ostéopathie ne guérit pas l’endométriose. En revanche, elle peut, selon les situations, contribuer à diminuer les douleurs, améliorer la mobilité du bassin et la qualité de vie au quotidien, en complément du suivi médical.

Quand faut-il consulter ?

Il est conseillé de consulter un médecin ou un gynécologue lorsque les douleurs reviennent à chaque cycle, deviennent de plus en plus importantes ou perturbent durablement la vie quotidienne, la scolarité ou les activités habituelles.

Votre adolescente souffre de douleurs pendant ses règles ?
Mathilde Locqueville, ostéopathe à Paris 7, propose un accompagnement personnalisé et complémentaire au suivi médical.