Fertilité féminine et parcours PMA : anatomie, bilan et étapes
Un projet de grossesse qui tarde, un bilan de fertilité, une première insémination ou une FIV : le vocabulaire et les étapes peuvent vite sembler complexes. Cet article pose les bases pour comprendre le fonctionnement de l’appareil reproducteur féminin, les examens du bilan de fertilité et les principales techniques de PMA. Il ne remplace pas les explications de votre médecin ou de votre centre de PMA.
On parle classiquement d’infertilité lorsqu’aucune grossesse ne survient après au moins 12 mois de rapports sexuels réguliers sans contraception. En France, environ un couple sur huit consulte pour des difficultés à concevoir. L’infertilité peut être d’origine féminine, masculine ou mixte ; dans 10 à 25 % des cas, aucune cause précise n’est identifiée (Inserm).

L’appareil reproducteur féminin : bases essentielles

L’appareil génital féminin comprend la vulve, le vagin, l’utérus, les trompes et les ovaires. Les ovaires contiennent les ovocytes et produisent une partie des hormones du cycle. Les trompes peuvent recueillir l’ovocyte après l’ovulation. L’utérus accueille l’embryon en cas de grossesse.
Le cycle ovarien et son rôle dans la fertilité
Le cycle dure en moyenne 28 jours, avec des variations normales d’une personne à l’autre. Au début du cycle, plusieurs follicules — les petites poches de l’ovaire qui contiennent les ovocytes — commencent à se développer. Le plus souvent, un follicule devient dominant et libère un ovocyte lors de l’ovulation.
L’ovulation a lieu environ 14 jours avant les règles suivantes. L’ovocyte est alors capté par le pavillon de la trompe. Lors d’une conception après rapport sexuel, les spermatozoïdes peuvent remonter le col de l’utérus puis la cavité utérine jusqu’aux trompes. C’est dans une trompe que la fécondation peut avoir lieu. L’embryon migre ensuite vers l’utérus et s’implante dans la muqueuse utérine, appelée endomètre.
Observer les signes du cycle peut aider à repérer la fenêtre fertile.
Les hormones féminines et leur rôle dans le cycle
Le cycle est piloté par trois niveaux qui communiquent entre eux :
- L’hypothalamus
Situé dans le cerveau, il sécrète la GnRH, qui stimule l’hypophyse à sécréter la FSH et la LH. - L’hypophyse
Elle sécrète la FSH, qui participe à la croissance des follicules, et la LH, dont le pic déclenche l’ovulation et la formation du corps jaune. - Les ovaires
Ils sécrètent les œstrogènes, qui participent notamment au développement de l’endomètre et aux modifications de la glaire cervicale autour de l’ovulation. Après l’ovulation, le corps jaune produit de la progestérone, qui transforme l’endomètre pour le préparer à une éventuelle implantation.
Anatomie du petit bassin : les principaux ligaments autour de l’utérus et des ovaires
L’utérus, les trompes et les ovaires sont reliés aux structures voisines par des replis du péritoine et des ligaments. Ces structures participent au maintien des organes génitaux internes dans le bassin. Certaines constituent aussi des voies de passage pour des vaisseaux, des nerfs et des lymphatiques.

Les ligaments de l’ovaire
- Ligament suspenseur de l’ovaire, aussi appelé ligament lombo-ovarien ou infundibulo-pelvien : il relie l’ovaire à la région lombaire et contient l’artère et la veine ovariennes.
- Ligament propre de l’ovaire, ou ligament utéro-ovarien : il relie la partie inférieure de l’ovaire à la corne utérine (partie supéro-latérale de l’utérus).
- Ligament tubo-ovarien : il relie le pavillon de la trompe à la partie supérieure de l’ovaire.
Les attaches de l’utérus
- Ligaments ronds : ils relient l’utérus au pubis et aux grandes lèvres.
- Ligaments utéro-sacrés : ils relient le dôme vaginal et l’utérus au sacrum.
- Ligament large : repli du péritoine tendu de chaque côté de l’utérus ; sa partie principale appelée mésomètre relie l’utérus à la paroi pelvienne.
Les facteurs pouvant influencer la fertilité féminine
Comme l’explique l’Inserm, la fertilité féminine dépend notamment de l’ovulation, de la réserve ovarienne, de la qualité des ovocytes, de la perméabilité des trompes et de la cavité utérine.
Parmi les causes possibles d’infertilité :
- les troubles de l’ovulation, dont le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), qui compte parmi les causes fréquentes ;
- la diminution de la réserve ovarienne, qui s’accentue avec l’âge ;
- l’insuffisance ovarienne prématurée, qui peut être d’origine génétique, liée à certains traitements ou ne pas avoir de cause retrouvée ;
- une atteinte des trompes, parfois séquelle d’une infection sexuellement transmissible telle que la chlamydia ;
- une anomalie de l’utérus, comme une malformation, un fibrome ou un polype ;
- l’endométriose.
Dans un couple homme-femme, les difficultés à concevoir peuvent également être d’origine masculine ou mixte. Certains facteurs de santé générale, comme le tabac ou le poids, peuvent aussi être abordés avec l’équipe médicale selon chaque situation.
Les examens réalisés dans un bilan de fertilité
Il est habituel de consulter après 12 mois d’essais sans grossesse. Un avis médical peut être demandé plus tôt en cas d’âge supérieur à 35 ans, de cycles très irréguliers, d’antécédent gynécologique ou de doute.
Dans un couple homme-femme, le bilan concerne les deux partenaires.
- Pour la femme : examen gynécologique, échographie pelvienne avec comptage des follicules, bilan hormonal selon la situation, et exploration de la perméabilité des trompes si elle est indiquée. L’AMH peut contribuer à l’évaluation de la réserve ovarienne, mais s’interprète avec les autres éléments du bilan.
- Pour l’homme : examen clinique et spermogramme. D’autres examens peuvent être prescrits selon les résultats et le contexte.
Entre la première consultation, les examens et leur interprétation, plusieurs mois peuvent s’écouler avant le début d’un traitement.
Les différentes approches pour accompagner la fertilité
Selon la cause identifiée, la prise en charge peut reposer sur un traitement ciblé, une stimulation de l’ovulation ou des techniques d’assistance médicale à la procréation — AMP, aussi appelée PMA — comme l’insémination artificielle, la fécondation in vitro (FIV) ou la FIV-ICSI.
Depuis la loi de bioéthique de 2021, l’AMP est ouverte aux couples homme-femme, aux couples de femmes et aux femmes non mariées. L’Assurance Maladie prend en charge à 100 % jusqu’à 6 inséminations artificielles et 4 tentatives de FIV, dans les limites d’âge prévues : jusqu’au 43e anniversaire pour le prélèvement d’ovocytes et jusqu’au 45e anniversaire pour la femme qui porte la grossesse. En savoir plus sur la prise en charge de l’AMP.
Les principales techniques de PMA
Le protocole proposé dépend du bilan du couple ou de la personne, de l’âge, de l’historique médical et du projet parental. Voici les techniques les plus courantes et le déroulé concret de chacune.
Étape préalable à la plupart des protocoles
La fécondation a lieu dans le corps
La fécondation a lieu au laboratoire
La stimulation ovarienne
La stimulation ovarienne consiste à administrer des hormones pour favoriser le développement de plusieurs follicules au cours d’un même cycle. Elle précède la plupart des techniques de PMA : insémination, FIV, FIV-ICSI. Pour s’organiser au quotidien pendant cette période, un article est consacré à la préparation d’une stimulation ovarienne.
- Stimulation : le traitement débute selon le protocole défini par le centre, souvent au début du cycle.
- Surveillance : des prises de sang et des échographies régulières permettent de suivre la croissance des follicules et d’ajuster les doses.
- Déclenchement : lorsque les follicules sont matures, une injection de déclenchement permet la maturation finale des ovocytes. La suite du protocole — insémination ou ponction — est ensuite planifiée par le centre.
Une sensation de tension ou de gonflement abdominal, des tiraillements du bas-ventre, des bouffées de chaleur ou des variations d’humeur peuvent survenir pendant le traitement.
Contactez sans attendre votre centre de PMA en cas de :
- douleur abdominale forte ou qui s’intensifie
- ventre qui gonfle rapidement
- prise de poids rapide
- nausées ou vomissements persistants
- essoufflement
- diminution de la quantité d’urine
- fièvre
- saignements vaginaux abondants
Ces signes peuvent nécessiter un avis médical rapide. Certains, comme le gonflement abdominal important, l’essoufflement, la prise de poids rapide ou la diminution des urines, peuvent évoquer une hyperstimulation ovarienne. Reportez-vous aux consignes et au numéro de contact transmis par votre centre.
L’insémination artificielle (IIU)
L’insémination intra-utérine consiste à déposer directement dans l’utérus, au moment de l’ovulation, des spermatozoïdes préalablement préparés au laboratoire — ceux du partenaire ou ceux d’un donneur. Elle peut être proposée dans différentes situations, selon le bilan et le projet parental : difficultés de rencontre entre les gamètes, ou recours à un don de sperme.
Le geste se fait au centre, sans anesthésie, et dure quelques minutes. Il ressemble à un examen gynécologique et n’est habituellement pas douloureux. L’activité normale peut reprendre ensuite.

La fécondation in vitro (FIV)
En FIV, la rencontre entre l’ovocyte et le spermatozoïde a lieu au laboratoire. Les ovocytes sont prélevés lors d’une ponction, mis en présence des spermatozoïdes, puis les embryons obtenus sont cultivés avant d’être transférés dans l’utérus.
- Ponction ovocytaire Elle a lieu 34 à 36 heures après l’injection de déclenchement, par voie vaginale sous contrôle échographique, sous anesthésie ou sédation adaptée selon les pratiques du centre.
- Fécondation Les ovocytes sont mis en contact avec les spermatozoïdes en FIV classique, ou un spermatozoïde est directement injecté dans chaque ovocyte en FIV-ICSI.
- Culture embryonnaire Les embryons sont observés au laboratoire pendant quelques jours, jusqu’au stade retenu par le centre (souvent J2-J3 ou le stade blastocyste).
- Transfert Un embryon est déposé dans l’utérus à l’aide d’un fin cathéter. Le geste est rapide et indolore.
- Après le transfert Un traitement à la progestérone est généralement prescrit, et un test de grossesse est réalisé à la date indiquée par le centre.

La FIV-ICSI
L’ICSI (injection intracytoplasmique de spermatozoïde) reprend le déroulé d’une FIV, avec une différence au laboratoire : un spermatozoïde est sélectionné puis injecté directement dans l’ovocyte. Elle est proposée notamment en cas d’anomalies du sperme, ou après une fécondation insuffisante lors d’une FIV classique.
Pour la personne qui reçoit le traitement, les étapes vécues sont les mêmes que pour une FIV : stimulation, ponction, culture, transfert.

La congélation des embryons
Lorsqu’une FIV donne plusieurs embryons, ceux qui ne sont pas transférés peuvent être congelés. Ils pourront être utilisés lors d’un transfert ultérieur, sans nouvelle stimulation ni nouvelle ponction. Le transfert est alors préparé sur un cycle naturel ou sous traitement, selon les habitudes du centre.
L’ostéopathie dans un parcours de PMA
Un parcours de PMA peut s’accompagner de fatigue, de tensions ou de douleurs liées aux examens, aux traitements et à la succession des étapes médicales. L’ostéopathie s’inscrit en complément de votre suivi médical, sans s’y substituer, avec une approche manuelle douce adaptée à votre situation.
La consultation peut être un temps pour soulager des tensions du dos, du bassin ou de l’abdomen lorsqu’elles sont présentes, retrouver du confort et échanger sur ce que vous traversez. C’est le cas notamment dans les jours qui suivent une ponction ovocytaire, où douleurs et pesanteur sont fréquentes. Le moment de la séance est toujours choisi en tenant compte des consignes de votre centre de PMA.
Le déroulement d’une séance, les moments où elle s’insère dans le protocole et les informations pratiques sont réunis sur la page ostéopathe fertilité à Paris.
Questions fréquentes sur le parcours de PMA
La durée dépend de la situation, des examens nécessaires, de la technique proposée et du calendrier du centre. Une insémination ou une FIV comporte plusieurs étapes réparties sur un ou plusieurs cycles. Pour une tentative de FIV, plusieurs semaines s’écoulent entre le début de la stimulation et le test de grossesse. Le parcours peut donc s’étendre sur plusieurs mois.
En insémination, la fécondation a lieu dans le corps : des spermatozoïdes préparés au laboratoire sont déposés dans l’utérus au moment de l’ovulation.
En FIV, les ovocytes sont prélevés lors d’une ponction et la fécondation a lieu au laboratoire. Les embryons obtenus peuvent être transférés dans le cadre du cycle ou conservés pour un transfert ultérieur.
Oui. L’assistance médicale à la procréation est prise en charge à 100 % sur la base des tarifs de l’Assurance maladie, dans la limite de six inséminations et quatre tentatives de fécondation in vitro. Des conditions d’âge s’appliquent. Les modalités détaillées figurent sur ameli.fr et sont confirmées par votre centre.
Depuis la loi de bioéthique de 2021, l’assistance médicale à la procréation est accessible aux couples hétérosexuels, aux couples formés de deux femmes et aux femmes non mariées.
La ponction est réalisée selon les pratiques du centre, sous anesthésie ou sédation adaptée. Dans les jours qui suivent, certaines douleurs ou sensations de pesanteur peuvent survenir.
En cas de douleur forte ou qui s’intensifie, de fièvre, de vomissements persistants, d’essoufflement ou de ventre qui gonfle rapidement, contactez sans attendre votre centre de PMA.
Sources
- Inserm — Dossier Infertilité
- Assurance Maladie (ameli.fr) — Prise en charge de l’assistance médicale à la procréation
- CHU de Lille — De la ponction au transfert
- HUG Genève — Effets secondaires et complications possibles en FIV
Dernière mise à jour : septembre 2026. Cet article a une vocation informative et ne remplace pas l’avis de votre médecin ou de votre centre de PMA.